Franchir le cap des 7 ans d’existence constitue souvent un moment particulier dans la vie d’une entreprise. Encore davantage dans un univers aussi mouvant que celui des études marketing et du conseil, aujourd’hui traversé par l’IA, la complexification des organisations et de nouvelles attentes en matière d’impact en interne.
À l’origine cofondée par Céline Grégoire et Sylvie Lasoen, Adding-Light s’est construite autour d’un positionnement hybride, à la croisée des études et du conseil stratégique, avec une mission revendiquée : faire de l’insight humain un levier plus concret pour les organisations. Aujourd’hui dirigée par Céline Grégoire, spécialiste de la stratégie de marque, l’agence a récemment renforcé son équipe de pilotage avec l’arrivée d’Anne-Marie Dubosc, experte des enjeux d’innovation, de consumer & customer centricity et de transformation.
Quelle vision du marché et des besoins des entreprises sous-tend cette trajectoire ? Quels partis-pris structurent leur approche ? Et comment l’équipe envisage-t-elle les prochaines évolutions du secteur ? Céline Grégoire et Anne-Marie Dubosc reviennent sur les convictions qui guident aujourd’hui le développement d’Adding-Light.
MRNews : Adding-Light va prochainement fêter l’anniversaire de ses 7 ans. Pour qui ne connaîtrait pas votre société, comment la présenteriez-vous en quelques mots ?
Céline Grégoire (Adding-Light) : Adding-Light est une agence hybride, à la croisée d’un institut d’études et d’un cabinet de conseil, née d’un constat simple : les entreprises n’ont jamais eu autant de données sur leurs consommateurs… et pourtant les décisions restent souvent déconnectées du réel. Nous accompagnons les entreprises sur des enjeux de marketing stratégique, en partant systématiquement de la compréhension des consommateurs — et des acheteurs dans le cas du B2B — croisée avec les enjeux business et les réalités opérationnelles. Notre mission aujourd’hui, est de (re)mettre l’insight humain au cœur des stratégies marketing et des organisations. C’est encore et toujours un enjeu majeur pour les entreprises.
Nous intervenons autour de trois piliers : la marque, l’innovation et la consumer/customer-centricity. Et nous nous appuyons pour cela sur des approches éprouvées, avec un souci constant de pragmatisme. Nous fonctionnons surtout comme un écosystème, avec une équipe interne réduite et très senior, complétée par des expertises externes mobilisées selon les sujets : experts études, spécialistes sectoriels, profils académiques ou fonctions support. Cette organisation nous permet d’être à la fois agiles et exigeants.
Nos clients évoluent dans des univers très différents — food, boissons, habitat senior, industrie — et pilotent des activités B2C comme B2B, avec des groupes comme Olga, Citeo, Bonduelle, Avril, Pink Lady, Suntory Beverage ou encore Domitys.
Quelle vision a fondamentalement inspiré la création d’Adding-Light ?
CG : À l’origine, il y a une conviction très forte que la consumer-centricity est un levier de croissance et d’alignement interne. On s’est aperçues que si beaucoup d’entreprises adhèrent au principe, peu le mettent en pratique réellement de manière efficace et certaines n’en sont encore qu’au début.
À l’origine, il y a une conviction très forte que la consumer-centricity est un levier de croissance et d’alignement interne. On s’est aperçues que si beaucoup d’entreprises adhèrent au principe, peu le mettent en pratique réellement de manière efficace et certaines n’en sont encore qu’au début.
Céline Grégoire (Adding-Light)
Nous voulions répondre à un besoin précis des entreprises : relier la compréhension des consommateurs ou des clients à des décisions stratégiques concrètes. Trop souvent, l’insight reste cantonné à un rôle d’éclairage, sans véritable impact sur les décisions, sans produire de mouvement. Notre ambition était justement de combiner cette rigueur de l’insight avec une capacité d’action plus forte côté conseil. Cette conviction nous semble toujours aussi pertinente aujourd’hui.
Vous vous positionnez à la croisée des études marketing et du conseil. Comment définissez-vous cette articulation ?
CG : Nous ne faisons pas de l’insight pour l’insight. L’insight est un moyen au service d’une stratégie. Ce qui nous différencie, c’est notre capacité à nous emparer des enjeux de nos clients dans leur globalité. Nous cherchons à comprendre leur business, leurs contraintes opérationnelles, leurs dynamiques internes, pour pouvoir vraiment les accompagner à travers des livrables utiles pour les stratégies de marque / d’innovation et de transformation des organisations, et par des approches qui fédèrent les équipes.
Cela passe par une immersion réelle. Nous allons sur le terrain, côté clients, dans les usines, côté usages, dans les lieux de consommation, les cuisines, salons… points de vente ou lieux de production, quand il s’agit de B2B. C’est souvent là que se jouent les vraies tensions, pas dans les salles de réunion. Et surtout, nous veillons à ce que les livrables soient clairs, utilisables, activables et durables dans le temps.
Anne-Marie Dubosc : Je rejoins complètement Céline. Comprendre les jeux d’acteurs, les contraintes organisationnelles, les réalités politiques, c’est essentiel pour que les recommandations soient mises en œuvre. C’est souvent là que se joue la différence entre une étude et un accompagnement stratégique. Ayant moi-même été côté annonceur en insights comme en marketing, je sais à quel point les équipes doivent composer avec des contraintes multiples, des arbitrages permanents et des réalités parfois complexes. Cela nourrit une approche plus empathique, plus concrète et des recommandations pensées pour être réellement mises en œuvre.
Comprendre les jeux d’acteurs, les contraintes organisationnelles, les réalités politiques, c’est essentiel pour que les recommandations soient mises en œuvre. C’est souvent là que se joue la différence entre une étude et un accompagnement stratégique.
Anne-Marie Dubosc (Adding-Light)
Le développement d’Adding-Light s’est-il passé comme prévu ?
CG : Pas vraiment ! Nous avons lancé Adding-Light fin 2019, juste avant le Covid. Le démarrage s’est déroulé assez idéalement, mais il y a eu un passage difficile en 2023. Cela nous a conduit à faire un vrai travail d’introspection, pour clarifier qui nous étions, ce que nous voulions vraiment apporter, et aussi ce que nous ne voulions pas faire. Et ainsi à affiner notre positionnement. Nous avons compris que nous étions attendus sur du conseil à forte valeur ajoutée, basé sur l’insight, et non sur des approches purement méthodologiques. Cela a clarifié notre discours, notre développement commercial, et la nature des missions à décrocher. Depuis, la croissance est revenue de manière plus saine, plus cohérente, cette « épreuve » nous ayant ainsi paradoxalement aidés.
Au fil de nos accompagnements, nous avons développé et structuré plusieurs approches propriétaires éprouvées sur le terrain : le Brand Clarity Lab pour clarifier et piloter les marques, Big Fish pour nourrir une innovation plus stratégique et orientée business à partir des insights consommateurs, et REAL XP pour reconnecter les organisations à la réalité des clients et des usages.
Votre arrivée au sein d’Adding-Light, Anne-Marie Dubosc, est structurante. Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
AMD : J’ai commencé ma carrière dans de grands instituts d’études tels qu’Ipsos et TNS, en études quantitatives, dans des environnements internationaux, avant de passer côté annonceur. J’ai notamment travaillé chez Bic, où j’ai contribué à structurer la fonction insight au niveau global. J’ai ensuite évolué vers des fonctions plus business, en travaillant sur l’innovation stratégique, puis le marketing opérationnel. Cela m’a permis de développer une vision 360 des enjeux des entreprises, mais aussi une approche très pragmatique, agile, orientée vers des recommandations réellement activables et utiles pour les équipes.
Rejoindre Adding-Light s’est fait très naturellement, car pour moi, c’était justement retrouver cette articulation entre insight, stratégie et réalité des organisations. Nous partageons la conviction que la consumer & customer centricity doit nourrir concrètement les décisions, la transformation et la croissance des entreprises.
Nous sommes aujourd’hui en 2026. Les besoins des entreprises vous semblent avoir évolué ? Lesquels vous marquent le plus ?
AMD : Nous sommes convaincues qu’il existe un besoin très important, celui d’un conseil à forte valeur ajoutée. Dans un monde où tout le monde a accès à l’information et à l’IA, la différence ne se fait plus sur l’accès aux données, mais sur la capacité à les interpréter et à en faire quelque chose de clair. Il y a aussi un besoin très fort de simplification. Les organisations sont devenues complexes, les décisions difficiles à prendre, avec une attente croissante de sécurisation et de retour sur investissement. Nos clients attendent qu’on les aide à clarifier les priorités, réduire les zones d’incertitude,ce qui suppose des recommandations lisibles, pragmatiques, et des livrables directement actionnables.
J’ajouterais à cela que l’alignement des équipes en interne est vraiment un enjeu majeur. Si les organisations des entreprises étaient silotées hier, elles le sont sans doute encore plus aujourd’hui avec les nouveaux outils dont elles se sont dotées. Et certainement aussi parce qu’elles sont soumises à une forte pression, avec des exigences de performance très élevées à court terme. Elles n’ont pas droit à l’erreur. Remettre le consommateur au centre permet de recréer un dénominateur commun et de faciliter les décisions, en assurant leur pertinence. Nous disons souvent avec Céline que le consommateur est un formidable “juge de paix” dans les organisations. Non pas pour dicter toutes les décisions, mais parce qu’il permet de réaligner les équipes.
Si les organisations des entreprises étaient silotées hier, elles le sont sans doute encore plus aujourd’hui avec les nouveaux outils dont elles se sont dotées. Et certainement aussi parce qu’elles sont soumises à une forte pression, avec des exigences de performance très élevées à court terme. Elles n’ont pas droit à l’erreur. Remettre le consommateur au centre permet de recréer un dénominateur commun et de faciliter les décisions, en assurant leur pertinence.
Anne-Marie Dubosc (Adding-Light)
Face à ces besoins, vers quoi évolue votre positionnement ?
CG : Notre positionnement se renforce plutôt qu’il ne change. Nous ne voulons pas devenir un acteur d’études généraliste supplémentaire. Nous voulons être des partenaires stratégiques capables d’accompagner nos clients dans leur transformation. Cela signifie intervenir à la fois sur des enjeux de marché et sur des enjeux internes. Même lorsque nous sommes sollicités sur un sujet précis, la question de l’alignement interne n’est jamais très loin.
Notre positionnement se renforce plutôt qu’il ne change. Nous ne voulons pas devenir un acteur d’études généraliste supplémentaire. Nous voulons être des partenaires stratégiques capables d’accompagner nos clients dans leur transformation.
Céline Grégoire (Adding-Light)
AMD : Nous avons aussi à cœur de développer et proposer des approches structurées à nos clients, des process éprouvés, mais toujours au service de problématiques concrètes. L’objectif est d’apporter de la clarté dans des enjeux marketing et de transformation souvent complexes, de sécuriser et d’accélérer la prise de décision. Et vraiment, je reviens sur ce point parce qu’il est important : nous ne sommes pas dans une logique de simple prestation d’études. Notre rôle est vraiment d’accompagner les entreprises de bout en bout dans leurs réflexions, leurs arbitrages et la mise en mouvement des équipes.
Comment voyez-vous les 7 prochaines années pour le marché des études et du conseil ?
CG : Le marché va très certainement continuer à se structurer. On voit déjà se dessiner plusieurs grands positionnements complémentaires. Certains acteurs sont très centrés sur la donnée, les outils et l’automatisation, des dimensions qui vont continuer à se renforcer avec l’IA. D’autres apportent avant tout des méthodologies et des dispositifs d’études. Et puis il y a des acteurs, comme nous, davantage positionnés sur l’accompagnement stratégique, le conseil et la mise en perspective des insights pour aider à la décision.
AMD : L’IA va d’ailleurs sans doute accentuer cette dynamique. Elle facilite l’accès aux données et l’analyse, mais elle augmente aussi les attentes en matière de recommandation. L’IA produit déjà énormément de réponses. Mais elle ne remplace ni le discernement, ni le terrain, ni l’identification des signaux faibles, ni la compréhension des tensions humaines. Cela pousse les acteurs tels que nous à se différencier par la qualité de leur analyse et leur capacité à impacter les décisions.
Dans ce contexte, quelles priorités vous donnez-vous ?
CG : Nous voulons continuer à renforcer notre rôle de partenaire stratégique, en accompagnant nos clients dans leur transformation. Un axe important est la connexion au réel. Nous aidons nos clients à aller observer, écouter, comprendre leurs consommateurs et clients sur le terrain, et à transformer ces observations en décisions concrètes. Dans un monde d’artificialisation croissante, ce besoin d’immersion et d’expérience est de plus en plus fort. Nous croyons profondément que les entreprises qui garderont un avantage demain seront celles qui resteront connectées au réel.
Dans un monde d’artificialisation croissante, ce besoin d’immersion et d’expérience est de plus en plus fort. Nous croyons profondément que les entreprises qui garderont un avantage demain seront celles qui resteront connectées au réel.
Céline Grégoire (Adding-Light)
Nous voulons aussi continuer à structurer nos approches tout en restant agiles, et poursuivre notre développement sur des secteurs variés.
Si l’on se projette en 2033, qu’est-ce qui vous fera considérer que vous avez déroulé la bonne feuille de route ?
CG : Il y aura évidemment des indicateurs classiques, comme le chiffre d’affaires ou la rentabilité. Ce sont des KPI essentiels, mais ce ne sont pas les seuls. Pour nous, réussir, cela équivaut à développer la structure et notre activité en restant alignés avec notre positionnement. Si, dans sept ans, nous faisons encore plus de missions, avec une équipe renforcée mais toujours en cohérence avec ce que nous sommes aujourd’hui, ce sera une réussite.
AMD : Si l’on se projette en 2033, je pense que des indicateurs comme la satisfaction et la fidélité de nos clients resteront des KPI particulièrement importants pour nous. J’ai été marquée en intégrant Adding-Light par le niveau de satisfaction et de fidélité des clients. Beaucoup nous recommandent – ce qui est quand même un acte fort et valorisant – et c’est bien sûr quelque chose que nous souhaitons absolument préserver en grandissant. Nous voulons aussi que nos clients continuent à revenir vers nous dans le temps et à nous solliciter sur des problématiques de plus en plus variées.
Voyez-vous d’autres points importants à ajouter ?
CG : Peut-être j’insisterai sur l’importance de trouver une forme d’équilibre dans un monde – et un environnement pour des acteurs comme nous – qui évoluent énormément. L’IA est chaque jour un peu plus présente, et il serait déraisonnable de ne pas utiliser les outils pour ce qu’ils sont : des outils complémentaires, qui enrichissent la vision comme l’évoquait Anne-Marie. Mais il nous semble essentiel de rester connecté au réel, y compris avec des outils plus traditionnels.
C’est en combinant cette immersion terrain, la rigueur de l’insight, l’exigence de clarté, et les apports de l’IA que nous pensons pouvoir continuer à créer de la valeur.
POUR ACTION
• Echanger avec les interviewés : @ Céline Grégoire @ Anne-Marie Dubosc



